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Comment obtenir un visa pour un stage en Chine ?

Sauf rares exceptions, le stage en Chine est officiellement interdit par les autorités chinoises. Toutefois dans la pratique, les entreprises sur place recrutent toujours des stagiaires français. Vous êtes étudiant et vous avez trouvé un stage dans l'Empire du Milieu, il faut un visa pour la Chine afin de pouvoir entrer dans le pays. Quel visa chinois demander : le visa d'affaires (M ou F), le visa étudiant (X1 ou X2), le visa touristique (L) ou de travail (Z) ? Comment obtenir son visa pour la Chine ?

Le stage en Chine est interdit : sauf rares exceptions, aucun visa ne vous sera délivré si vous annoncez partir en stage

Quel que soit le type de visa que vous essayez de demander, il faut avant tout savoir que si un stage est mentionné dans votre dossier de demande de visa (lettre d'invitation, formulaire...), la délivrance de visa sera refusée. Pendant longtemps, il était possible de partir réaliser son stage en Chine en demandant officiellement un visa d'affaires ou un visa d'études. Mais en septembre 2013, les autorités chinoises ont interdit cette pratique par le décret 637 de la République populaire de Chine (version anglaise en bas de page).

L'objectif est d'empêcher les occidentaux d'accéder aux postes de stagiaires en Chine, tant le nombre d'étudiants étrangers devenait trop important pour les Chinois. La seule exception est lorsqu'un stage à temps partiel est organisé par une université agrée par l'Etat chinois.

Le visa d'affaires (M ou F)

Pour obtenir un visa d'affaires pour la Chine, il vous faudra fournir une lettre d'invitation d'une société sur place et une lettre de mission d'une société française. Il est donc en théorie possible d'obtenir un visa d'affaires pour partir accomplir son stage en Chine, mais c'est compliqué : il faut qu'une société française vous missionne en Chine pour quelques jours et que la lettre d'invitation chinoise confirme cette mission d'affaires. Vous aurez alors droit à un ou deux séjours de 30 jours maximum.

Le problème est que nous savons par expérience que cette solution est impossible : dans la pratique, dès qu'un jeune de moins de 30 ans demande un visa d'affaires, les autorités chinoises demandent en compléments toutes les preuves de son salariat dans l'entreprise française : contrat, fiche de paye, relevé de compte bancaire, etc. L'étude est très poussée. Par ailleurs sur place votre situation peut être contrôlée et si les autorités chinoises s’aperçoivent que vous êtes en stage, vous aurez des problèmes. Cette solution est donc à écarter.

Le visa étudiant (X1 ou X2)

Le visa d'études X est uniquement délivré sur présentation d'une lettre d'invitation officielle en provenance d'une université chinoise, ou d'une école d'échange culturel agrée par l'Etat chinois (plus précisément, par le China Scholarship Council du Ministère de l'Education chinoise). Vous pourrez donc obtenir un tel visa uniquement si vous vous inscrivez en parallèle de votre stage auprès d'un tel établissement, ou si vous réalisez un stage linguistique auprès d'une école agrée. Vous vous rendrez donc en Chine officiellement pour un échange scolaire ou linguistique et le fait de travailler sur place en entreprise sera risqué.

La lourdeur et le coût de ces procédures (inscription dans une université ou d'une école, délais d'approbation, délivrance et envoi d'une lettre d'invitation officielle) sont trop importants au vu du risque de refus de visa (le Consulat de Chine appelle l'organisme en Chine pour vérifier l’information) puis de contrôles sur place qui sont réguliers (chasse aux faux étudiants) : nous vous déconseillons fortement cette option. La seule exception pour obtenir un visa X2 légalement est de recevoir une invitation d'une université reconnue par l'Etat chinois, qui elle-même organise un stage à temps partiel avec une entreprise en Chine.

Le visa de travail (Z)

Le visa de travail Z est délivré sur présentation d'un permis de travail en original (Work permit ou Alien employment licence). C'est LA solution officielle si vous êtes jeune et que vous souhaitez acquérir une expérience professionnelle en Chine. Vous serez considéré, non pas comme un stagiaire, mais comme un travailleur étranger embauché en contrat à courte durée par une entreprise.

La première chose à faire si vous obtenez un stage en Chine et donc de demander à la société si elle peut vous délivrer un permis de travail pour obtenir un visa Z. D'après notre expérience, la réponse est dans 95% des cas négative, car il est très contraignant d'embaucher un étranger pour une société basée en Chine (nécessité de recruter avec Bac+4 et deux ans d'expérience, en justifiant la priorité sur l'embauche d'un ressortissant chinois).

Le visa de tourisme (L)

C'est la dernière possibilité, et aussi la plus simple. Vous pouvez demander un visa touristique et rester en Chine en tant que touriste étranger. Il vous suffit de fournir les éléments nécessaires pour obtenir un tel visa (exemple : réservation d'hôtel de quelques jours) et vous obtiendrez facilement votre visa L.

Cette solution, en plus d'être officiellement illégale sur place, présente par ailleurs un point négatif non négligeable : la durée maximum de séjour autorisée par un visa touristique est de deux entrées de 30 jours dans un intervalle de trois mois. Autrement dit, vous pourrez au maximum, dans les trois mois à compter de la délivrance du visa, entrer deux fois en Chine et y rester deux fois 30 jours consécutifs maximum. Dans la pratique voici ce qui est souvent fait par les personnes choisissant cette option :
1) Obtention du visa, par exemple au 1er Janvier.
2) Entrée en Chine, par exemple le 10 Février. Séjour de 30 jours.
3) Sortie de Chine pour un weekend, par exemple le 9 mars vers Hong-Kong, Macao, Taïwan ou la Corée du Sud.
4) Deuxième entrée en Chine, par exemple le 10 mars (vous êtes dans la période de 3 mois à compter de la délivrance du visa). Deuxième séjour de 30 jours maximum. Vous pourrez alors essayer de faire prolonger votre visa sur place pour 30 jours supplémentaires, auprès d'un bureau local de l'immigration appelé "Public Security Bureau" (PSB), néanmoins cette prolongation peut être coûteuse (parfois plus de 400 euros). De plus elle se fait au cas par cas sur présentation de justificatifs touristiques, par conséquent elle n'est pas garantie.
5) Retour vers la France au 9 avril (peu importe si la sortie est ultérieure au délai de trois mois, qui ne s'applique qu'aux entrées).
Vous pouvez ensuite refaire une nouvelle demande de visa touristique à Paris, toujours pour 2 entrées de 30 jours maximum.

Vers un assouplissement de la règlementation ?

Le décret d'interdiction de stage en Chine prévoit une dérogation, qui à ce jour n'a pas encore été appliquée : l'obtention d'un visa étudiant (X) en étant invité par une entreprise en Chine, après accord du service "Public security organ " de la préfecture locale. Nous n'avons à notre connaissance aucun témoignage d'étudiant français ayant encore obtenu un tel accord. D'autre part, nous avons vu qu'il est possible d'obtenir un visa X dans le cadre d'un échange culturel et/ou linguistique auprès d'une école agrée par l'Etat chinois, sur présentation d'une invitation officielle agrée par le Scholarship Council. Il s'avère que deux villes sont actuellement en phase de test pour délivrer des invitations linguistiques sans forcément passer par une école : Wuhan et Shenyang. Le nombre de places est limité mais c'est une évolution positive : si la réglementation se répand à d'autres villes plus grandes, cela signifie pour les entreprises la possibilité d'obtenir des invitations culturelles et linguistiques auprès de l'Etat. Reste à voir quels types d'entreprises pourront obtenir ces invitations, pour quels types de postes, pour quelles durées et pour combien de stagiaires.

Enfin, le 5 janvier 2016 l'ambassade de France en Chine a annoncé un accord sur les délivrances de visas : 1000 Français pourront réaliser un stage commercial en Chine en 2016 en adéquation avec la réglementation chinoise. Néanmoins cette souplesse est strictement encadrée et il convient de demander à l’entreprise en Chine si elle est éligible à cet accord exceptionnel.

Vous souhaitez vous rendre en Chine pour un stage : pourquoi nous vous le déconseillons

Nous avons vu que la solution la plus courante actuellement pour réaliser un stage en Chine est de demander un visa de Tourisme (L). Ce choix, qui est illégal, reste risqué et déconseillé. De nombreux témoignages font état de contrôle sur place et interrogatoire au poste de police pour cause de séjour en Chine sans respecter la nature de son visa. C'est pourquoi nous vous conseillons de demander un visa Z pour rester en parfaite légalité en Chine. De manière plus pragmatique, nous vous conseillons d'effectuer un stage vers une autre destination comme à Taïwan, où c'est plus facile d'obtenir un visa.

Quoi qu'il arrive, nous restons à vos côtés pour accomplir vos formalités de visa. N'hésitez pas à nous contacter pour toute demande d'informations : RapideVisa est agrée par le consulat de Chine et le centre de visas chinois en France, pour effectuer vos démarches d'obtention de visa à distance.

Autres liens utiles :

  1. Faut-il un visa pour Pékin, Shanghai et la Chine continentale ?
  2. Faut-il un visa pour Hong-Kong ?