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Mis à jour le 16/03/2017

Iran : bientôt la fin de la galère pour obtenir le visa ?

Le visa peut être considéré comme un frein au développement du tourisme français en Iran. Si sa suppression ne semble pas d’actualité, nous pouvons envisager une simplification de sa procédure d’obtention dans un futur proche. Qu’en est-il actuellement ? Que peut-on espérer ? Le point de vue d’Alexandre Demaille, dirigeant associé de RapideVisa.


Depuis l’accord Iran-USA de 2016, l’Iran s’ouvre au monde et bénéficie d’une couverture médiatique plus favorable que par le passé. Grâce à son patrimoine et sa culture millénaires, le pays est en passe de devenir une destination touristique majeure pour les Français. Mais ce développement touristique est limité par l’obtention fastidieuse du visa.

Le sujet du visa pour l'Iran revient souvent chez les agents de voyages qui vendent cette destination. Récemment, le fait que tout séjour récent en Iran empêche l'obtention de l'ESTA pour les États-Unis a beaucoup fait parler. Hélas, il s'agit là d'une mesure américaine entrée en vigueur le 21 janvier 2016, probablement en contrepartie politique à la levée des sanctions économiques du 16 janvier 2016.

Actuellement, il existe deux possibilités pour obtenir le visa iranien.

Le visa avant le départ auprès du Consulat


La solution la plus classique est de procéder à sa demande de visa auprès du Consulat iranien à Paris, avant le départ. C’est un moyen de franchir rapidement la frontière à l’aéroport d’arrivée. Cette possibilité permet aussi aux touristes de partir l’esprit tranquille en Iran, qui a la réputation, pourtant infondée, d’être un pays fermé.

Mais depuis 2008, avec l’application du principe de réciprocité par les autorités iraniennes, les Français doivent apposer leurs empreintes digitales au Consulat afin d’acquérir un visa avant le départ. La procédure est donc à effectuer personnellement à Paris, sans intermédiaire possible (sauf si les empreintes sont déjà enregistrées au préalable). Cette démarche de prise d’empreintes est longue à effectuer, avec plusieurs heures de patience, en raison d’une file d’attente conséquente.

On note toutefois, depuis le début de l’année 2017, une simplification des formalités de la part des autorités iraniennes, qui n’obligent plus à fournir l’autorisation de leur Ministère des Affaires Etrangères (MAE) pour effectuer une demande de visa au Consulat. Par ailleurs, le formulaire papier a été remplacé par un formulaire en ligne à imprimer.

Le visa à l’arrivée


Depuis 2008 également, une alternative s’est développée pour obtenir son visa. Les aéroports internationaux du pays, comme ceux de Téhéran, Mashhad ou Chiraz, permettent aux touristes de plusieurs nationalités, incluant les Français, d’obtenir leurs visas sur place. Pour en bénéficier, à ce jour il faut fournir un passeport valide six mois après la date de sortie prévue, une photo d'identité, une attestation d'assurance et 75 euros.

Cette solution permet d’éviter la prise d'empreintes (uniquement demandée au Consulat par réciprocité), mais entraine un passage de frontière plus long : entre 30 minutes et 3 heures d’attente selon le flux de voyageurs et l’heure d’arrivée. Pas agréable pour les touristes, après plusieurs heures de vol.

En cas de voyage de groupe, le franchissement des guichets peut être légèrement accéléré (tout dépend du flux sur place), en obtenant auprès d’une agence de voyage iranienne une autorisation spéciale du MAE iranien, appelée « visa grant notice », couplée à un paiement anticipé des visas par cette agence. Ce dispositif existe également depuis le début de l’année 2017, mais son bénéfice reste limité. En amont du voyage, il est nécessaire d’accomplir une procédure fastidieuse avec l’agence réceptive : collecte et saisie de plusieurs informations pour chaque participant (données du passeport, email, téléphone, informations familiales), scan des photos d’identités une par une, vérification de la conformité des autorisations, etc.

Pour l’heure, l’obtention du visa reste donc relativement compliquée. Pour autant, les assouplissements notables du début de l'année marqueront-t-ils le début de changements plus importants ?

Vers une délivrance de visa simplifiée au Consulat ?


Si l’Iran souhaite développer davantage son secteur touristique, les formalités de visa devraient s’assouplir tout en tenant compte des accords internationaux.

Nous pouvons raisonnablement écarter l’hypothèse d’une suppression du visa pour les Français dans un futur proche, en raison des règles de réciprocité en vigueur et de plusieurs désaccords géopolitiques actuels entre les autorités françaises et iraniennes. De même, si le gouvernement iranien souhaite légitimement étudier en détail chaque demande de visa, comme il procède actuellement, il lui serait difficile de délivrer à distance des e-visas (qui empêchent une étude réelle des dossiers) ou d’accélérer significativement la procédure de visas à l’arrivée.

Toutefois, une simplification administrative respectant la souveraineté de l’Iran pourrait se matérialiser par la suppression de l’obligation de prise d’empreintes au Consulat. Les Français pourraient ainsi voyager dans ce pays plus facilement, en obtenant rapidement leur visa avant le départ, voire en déléguant leurs demandes à leur agence de voyage ou autre intermédiaire. Le temps d’attente à l’aéroport d’arrivée serait réduit, la procédure à effectuer par les tour-opérateurs serait simplifiée, et les voyageurs seraient rassurés pour partir en Iran. Nul doute que cela inciterait les Français à voyager vers cette destination.

La suppression de la prise d’empreintes au Consulat est très attendue par de nombreux professionnels du tourisme. C’est à nos diplomates d'aborder cette évolution avec leurs homologues iraniens.


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